Voyage à la voile sur Saturne

Transat, jour 12 : c'est reparti !

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Michel nous propose aujourd'hui le douzième jour de la transat : Saturne quitte Gibraltar et se lance vers l'Atlantique.

Pour cet été, nous avons toujours besoin d'équipiers pour amortir la croisière en Grèce. Si le quorum n'est pas atteint, nous passerons au plan B ! Alors, manifestez-vous !

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8h30 : Nous faisons le fuel et de l’huile. Pas dans la même station... Pratique ! De nouveau nous longeons le seuil de piste, quelques digues en pierre de taille, des fortifications nombreuses... quelques vestiges guerriers. Ainsi va la vie des hommes.

Au revoir Gibraltar!

9h : Vent néant, mer lisse  6 noeuds au moteur. On découvre la baie d’Algesiras de jour cette fois. Toujours aussi industrieuse. Dans tous les sens ça grouille de commerce en tout genre... illicite aussi probablement. D’ailleurs, je me demanderais presque si le commerce en soi n’est pas une activité à proscrire. Pas le moindre contrôle ici. Sommes transparents. En France je suis contrôlé en permanence mais depuis le départ, rien !
Il doit y avoir un peu de courant qui nous caresse gentiment. Le temps est sublime, chaud et paisible. On quitte Gibraltar rayonnants. Dans quelques heures nous serons en Atlantique. Pour ne pas rater les avions nous avons 600 nautiques à courir en quatre jours.  C’est facile a priori mais il ne faut plus perdre de temps. 
 
10h : La météo du jour tombe. Merci Thierry ! C'est plutôt mieux. Nous risquons de toucher un peu de vent plus vite que prévu. Pour le moment le courant est contraire. Nous n'arrivons pas à tenir les 5 noeuds  même avec “les machines sur le pont”.   J’ai entendu tant de légendes sournoises sur le détroit de Gibraltar que je suis tendu même si manifestement c’est juste un régal...
 
10h30 : Le courant faiblit un peu nous sommes devant le dernier cap d'Espagne à l’ouest de Gibraltar. Le soleil monte et nous réchauffe encore. Tarifa est devant nous. Bientôt nous découvrirons un mythe dérisoire mais qui me fascine depuis l’enfance... La houle atlantique. C’est certainement le plus attendu de tous mes rendez-vous maritimes. Cette idée d’une mer haute et majestueuse m’enivre.
 
12h :  Le vent et le courant ne nous aident pas toujours... Il faut prendre son mal en patience. Les locaux naviguent encore plus à la côte que nous. Le vent adonne puis refuse, le courant change. Nous passons les 6 nœuds euphoriques puis plus que 4 puis 3,5 ! Prosac !  On laisse faire. 
 
12h30 : La mer est étrange. Les remous la traversent sans que nous arrivions à savoir si le courant change. Les vagues sont pointues par moment. Nous nous approchons de l’énorme phare de Tarifa, mais aussi, moins drôle, de 13h... heure de la renverse de marée ! Pas évident encore. Je ne sais pas si ça va changer les choses. Cette région réputée complexe et délicate m’est inconnue. Les Phéniciens passaient le détroit sans moteur naturellement en envoyant une voile sous marine à 70 mètres sous la surface. Dieu merci, nous, nous avons tout loisir de cramer des hydrocarbures. La poésie recule. 
 
On devine la côte marocaine dans la brume. Des très nombreuses embarcations de pêche pleines de couleurs occupent le premier plan du tableau. Des deux cotés du monde c’est terriblement  aride ! L’atlantique chargé de ses dépressions pluvieuses qui abreuvent toute l’Europe est bien avare ici.
 
14h : Nous sommes à 6 nœuds au 245°. C'est presque parfait! 
 
15h : Toujours pas le moindre courant porteur en vue. Nous avançons avec une vitesse sur l'eau proche de celle sur le fond. 5,6 nœuds mais au 215 ! Naturellement c’est beaucoup trop sud. On va finir au Maroc. Vivement demain. Nous attendons du Nord-Est !
 
16h : Ca marche mieux ! 6,5 nœuds au 263, c'est bien. La mer est plate. Très beau temps. RAS.
 
17h : le vent refuse à l'approche du Cap Espartel. Inexorablement nous glissons trop au sud. Une vedette de l’armée marocaine nous invite d’ailleurs à nous dérouter pour ne pas trop approcher une zone militaire. Hop ! Un peu de moteur pour le passer.
 
18h : Cette fois, plus que Madère devant nous!
 
19h : De nouveau du vent de face et du courant!
 
20h : Trop de filets dérivants, La nuit tombe, la progression est lente et nous nous arrachons les yeux à tenter de comprendre comment sont balisés les filets. Nous sommes souvent obligés de dérouter. 
 
21h : Nous sommes toujours trop bas en cap mais cette fois c’est à cause des filets dérivants. Les bateaux usines qui les exploitent sont équipés de projecteurs HMI d’une puissance considérable qui nous aveugle totalement. Nous ne sommes pas habitués à longer des filets qui courent sur plusieurs kilomètres. 
 
21h30 : 40 nautiques de parcourus depuis Tarifa. Nous sommes sur le bon cap. C'est reparti, le vent de Nord-Ouest c'est levé ! Il faut attendre qu'il se renforce encore mais avec un peu de moteur on avance. Pour le moment on fait une route plein ouest. Quand il se renforcera, on abattra au 252. Le vent reste variable, même si la tendance est Nord-Ouest. Heureusement le moteur nivelle ses variations !
 
22h : Une autre ligne de filets dérivants se dessine. J'espère qu'elle ne va pas nous obliger à dérouter encore. Toujours les mêmes interrogations... Comment arriver à contourner ces barrages flottants  démesurés? 
P’tit Jojo est bien loin de nos préoccupations stratégiques. Pour lui l’Atlantique n’était que souffle puissant, silence et scintillements d’étoiles. Il n’y trouve pas son compte... P’tit Jojo est bien loin. 
C’est toujours difficile de débarquer dans une aventure avec ses valises de rêves démesurés. Le plus souvent mille choses merveilleuses nous giflent sans crier gare. Autant d’enchantements que de craintes, d’évidences que de doutes. Mais reste massif, posé sur l’horizon cet amer incontournable que l’on s’est façonné doucement dans le silence de son amour pendant une éternité et que coûte que coûte, quoi qu’il puisse nous arriver ici, il va falloir retrouver. 
Petit Jojo , cet ultime rendez-vous, n’est plus très loin... repose toi.

 


Publié à 08:53, le samedi 3 mars 2012, dans Transat, Détroit de Gibraltar
Mots clefs : courantsaturnetransatdérivantfiletvoilevoyage


04/07/11, filet...

7h. Dans la nuit nous avons brusquement perdu de la vitesse... Pourtant, le vent tenait et Saturne, j'en réponds, était bien réglé... mais lourd!!!! Rapidement nous sommes passé de 6 à 2 noeuds sans raison apparente: Moteur! Non! Putain non surtout pas... Merde trop tard! Il cale instantanément. Je pense  à un bout, Seb va faire le tour du bateau et stupeur: Un filet, étrange... Dans la nuit on finira par comprendre que c'est une poche de chalut avec encore des poissons à l'intérieur. Le poids de ce truc est vertigineux, impossible de l'arracher à la coque. Nous devons couper. Un enfer... le poids, la résistance des mailles, la profondeur rendent l'opération compliqué. Découper, la nuit, des mètres de filet au couteau sans trop voir, c'est limite dangereux. Y avons laissé quelques lampes torche, gaffe et couteaux mais enfin Saturne est libéré de la traine. Pour le reste tout est à faire. Dans une heure ou deux je vais devoir passer dessous et tenter de tout enlever... c'est pas fait avec de la houle. Mais nous n'avons plus moteur et nous sommes freinés. Nous n'avançons que tout doucement. J'ai peur d'arracher le sondeur ou le speedo ce qui ajouterai une voie d'eau...

Après encore beaucoup de travail, l'hélice tourne bien. Avec quelques bruits de frottement. Après vérification, je pense que ce qui reste du filet ne tient plus que par l'hélice. Comme elle arrive encore  à tourner je pense que c'est pas pire même si arriver  à tout sortir peut-être délicat. Bon une bonne journée commence.
10h. Finalement c'est pas pire... Une fois la combinaison de plongée enfilée, j'ai vite été rassuré. Comme je le pensais seule l'hélice était tenue  au chalut et j'ai pu la dégager sans avoir  même  à couper. En tournant le filet avait fait une grosse tresse qui une fois enlevée à tout libéré. Ouf... On reprend le cours de la croisière, tout gentiment. Michel

 

Position: 38°04//14°43, Cap au 90, 6 noeuds, ww.voile-voyage.frSaturne sur une carteFacebook

 

 

Publié à 17:09, le lundi 4 juillet 2011, dans Transat, Océan Atlantique Nord
Mots clefs : plongeesaturnetransatfiletvoilevoyage


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