Voyage à la voile sur Saturne

Retour sur le bulbe de la quille

Pour l'essentiel, avant de partir pour le grand voyage, je tenais à apporter une vraie modification structurelle à Saturne.

Saturne est un bateau lourd, solide et pourvu d'une superbe carène, curieusement rapide! Mais il est, comme tous les bateaux de cette époque assez gitard. Pour arracher ses 20 tonnes, il faut le toiler et rapidement les listons se retrouvent dans l'eau. Il y avait de la place dans le haut de la quille pour le lester. Mais augmenter son poids à cet endroit n'était pas satisfaisant. Alors j'ai imaginé un bulbe en acier qui permettrait de redescendre le centre de gravité du lest et, se faisant de tout le bateau. Evidemment le tout à poids constant. Je n'imaginais pas à quel point cet appendice changerait tout.

Comment commencer?
Plusieurs approches possibles, plusieurs mise en œuvres et différents coûts variables naturellement. J'ai abordé ce projet avec l'idée de conserver l'esprit du dessin d'origine, de faire comme si ce bulbe avait toujours appartenu au bateau.

Dans le cas de Saturne la notion de bouchins c'est vite imposée, d'autant qu'un bulbe en forme de 20 mm d'épaisseur serai trop cher  à faire faire. En cherchant un peu, la forme qui s'impose dans ce cas est toujours un des nombreux profils Nagard qui dessinent les ailes de nos avion. J'ai vite compris que la difficulté serait d'arriver à cintrer une tôle de 20mm (épaisseur requise pour reprendre le poids du bateau posé sur sa quille) à la forme! En cherchant encore j'ai déniché le profil idéal: le fameux Clark Y! Une merveille pour moi. Ce profil est parfait, car la tôle du fond est parfaitement plane juste orientée! Le principe de base étant déterminé, le reste suivrait. 
Les autres surfaces du bulbes sont des courbes développables. Comme tout le bateau repose sur la plaque du fond et que c'est facile de l'accrocher à la quille, le reste des tôle seront découpées dans de la tôle de 5mm plus facile à cintrer. Comme j'ai été pendant quelques années prof en lycée professionnel j'ai appelé Philippe un copain de l'époque, qui m'a mis en contact avec le lycée professionnel d'Ambérieux. Laurent, le responsable de l'atelier de chaudronnerie, à très vite compris ce qu'il fallait faire et comment. Il ne restait plus qu'a… Pourtant si la technique, le financement, les contraintes calendaires sont difficile à  gérer…le plus dur est ailleurs.

La cléf de voûte (une fois que tout est maîtrisé) c'est la proportion. Un même objet peut-être ridicule ou grotesque à quelques centimètres près! Surtout que nous sommes en 3D. Bien sur, le volume du plomb donnait une indication mais c'était pas là que les choses se jouaient. Heureusement Thierry, plus précis en dessin et possédant une culture de l'image plus affûtée que moi m'a beaucoup aidé. Je vous laisse découvrir son travail…précieux. La longueur du bulbe est passée progressivement de 220 à 262 cm. J'insiste beaucoup, mais combien j'ai vu de bricoleur fabuleux qui tous rivalisaient de trouvailles et savoir faire pour accoucher de monstre, sans échelle. (voir dans la galerie photo facebook)
Par ailleurs, en vidant la quille de son plomb j'introduisais d'autre tracasseries. Les 1000 litres de vide devaient  naturellement devenir un réservoir de fuel. Mais un fond de quille de 35 ans encore encombré de vieux lingots de plomb n’inspire guère confiance. Et même le chantier Allemand ne sait pas quoi nous proposer d’efficace… le temps pressait. Heureusement (peut-être un reste de mes études à l’Ecole d’Architecture de Lyon) j’ai eu l’idée d’interroger Jérôme, mon beau-frère, et architecte en exercice. Il m’a vite trouvé un ingénieur béton qui nous à confirmé la possibilité de couler du béton dans une cuve de fuel. Attention une béton prise eau de mer chargé à 500k. Sébastien chef-mécanicien de Saturne à posé une crépine en fond de quille, une pompe, et l’ancien réservoir 160 litres est devenu un réservoir tampon journalier. Comme le bateau avait les pattes en l’air nous en avons profité pour enchâsser les vache à eau entre les varangues.…ouf!

Sans rien en savoir, je pressentais que l’impact sur le gréement serait énorme, 6 tonnes de plomb descendue de de 48 cm, 1000 litres de fuel sous la flottaison et autant d’eau. Intuitivement les haubans ont été changés et réechantillonnés plus énorme encore du 12 en général. Je voulais aussi en profiter pour déplacer le centre du gravité de quelques centimètres vers l'arrière, car  le bateau n'était pas dans son assiette: il piquait du nez. Et là au jugé, mission réussie!

Maintenant quel est l'impact du bulbe sur le fonctionnement réel du bateau? Considérable. Je me dis que je vais pouvoir changer de mat… Une raideur à la toile surprenante. Pour l’anecdote je n’ai jamais pu par gros temps, éviter que les cartes, les crayons, le clavier de  la table à  carte ne volent. Là nous avons traversé l’atlantique, passé du gros temps, sans que rien ne bouge. Le danger maintenant est de réduire à temps. Je me suis fait surprendre la nuit à plus de 14 nds sans gite anormale.

Publié à 10:30, le mardi 8 mars 2011, dans Chantier, Cayenne
Mots clefs : naguardquillebulbetransatsaturnevoilevoyageréservoirplomb


Carénage d'automne (2)

Michel et Daniel sont au Grau d'Agde mercredi soir et  jeudi (c'est pourtant pas facile de dégager du temps en milieu de semaine) pour tenter de rattraper un peu de retard

Le premier travail est de vérifier avec un laser prêté par Henry, que le bateau repose bien à l'horizontal sur les sangles. Mais Henri (celui du chantier) à l'oeil et lors de la sortie de l'eau, il l'a calé  nickel. Il s'agit alors  de faire une découpe oblique à la base de la quille pour créer un plan de raccordement qui vienne s'ajuster avec le bulbe. Et là ça se complique: Impossible d'utiliser un oxycoupeur car le bas de la quille est rempli de goudron et il  s'enflamme instantanément à l'approche d'une flamme.
 

Alors on utilise la meuleuse du bord (une 125), mais c'est plus long, surtout que le diamètre du disque est petit et qu'il y a au milieu de la quille dans l'axe du bateau une tôle très épaisse et loin des bords. Ca donne du fil à retordre.
 
Soudain Henri doit nous abandonner: une péniche en panne sur l'Hérault l'appelle à son secours...

Bilan est encore frustrant, pour cette fois-ci, on aura réussi à démonter les haubans (le mât tient, par l'étais avant et les bastaques) et le taud rigide du cockpit arrière. Avant de s'y recoller le week-end prochain (qui va commencé dimanche midi et finir lundi).

Publié à 10:46, le samedi 16 octobre 2010, dans Chantier, Le Grau-d'Agde
Mots clefs : bulbetransatsaturnetravauxvoilierpréparationvoyagequilleoxycoupeur


Travaux préparatoires

Avant que Saturne ne parte en décembre 2010 pour sa transatlantique, il y a encore du travail.

Faire du bateau, c'est aussi passer du temps à l'entretenir. L'entretien annuel s'organise avec un carénage prévu pour la fin février.
Il y a aussi de gros travaux pour améliorer le confort, la vitesse et la sécurité.
Les sorties de cet hiver par gros temps (force 8) ont montré qu'il était difficile de réduire la voilure : il faudra changer le rail de mât dans lequel glissent les coulisseaux de la grand voile.
Si Saturne avance bien par gros temps, il reste à gagner un peu de vitesse par petit temps, c'est à dire augmenter la voilure. Pour cela toute une liste d'autres gros travaux à mettre en oeuvre: l'allongement du mât, le changement des haubans, l'installation d'un boute-hors et comme corollaire la création d'un bulbe de quille pour descendre le centre de gravité.
 
D'autres infos sur: www.voile-voyage.fr
 
Croquis du futur bulbe de quille
 
Vue 3D du bulbe ajouté à la quille

 

 


Publié à 10:10, le mercredi 3 février 2010, dans Chantier, Sète
Mots clefs : bulbeSaturne dessintransattravauxvoiliervoilepréparationquille


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