Voyage à la voile sur Saturne

Transat, jour 14 : tempête

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Comme chaque semaine, Michel nous livre une page réécrite du livre de bord. Aujourd'hui, tempête entre Gibraltar et Madère.

Le programme de navigation de l'été 2012 est désormais établi. La destination sera la Sicile et ses volcans. Tous les détails sur le site :

http://www.voile-voyage.fr/ProgrammeDeNavigation.html

Par ailleurs, le chantier de carénage s'approche ! Saturne sera sorti de l'eau du 1er au 14 avril, et les bonnes volontés sont toujours les bienvenues...

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6h : Pluie battante. Le vent est un peu moins violent, mais la météo nous invite à la prudence. Dans le bateau la vie s'organise au mieux. Nous avons le sentiment de vivre malaxés dans une bétonnière ! La fatigue est omniprésente. Il faut se faire violence même pour manger. Moi même, je n'arrive plus à me réveiller pour mes quarts. Vidés !

13h : La rédaction du livre de bord se désorganise... Je suis trop fatigué pour m'astreindre passer du temps à la table à cartes. C'est un état de survie dans lequel se mellent fatigue et crainte. En plus nous avons du mal à établir un parcours et une stratégie pour les prochains jours...
Didier, par réflexe, aimerait que nous tentions de nous approcher le plus possible de Madère. Pour ma part je ne crois pas à cette option. D'ici quelques heures, elle deviendra probablement intenable.

17h : La tendance se confirme, le vent nous oblige à abattre de plus en plus ... il va falloir se décider vite maintenant. Nous ne rejoindrons pas Madère d'une traite.

19h : On vire, ça cogne trop dur. C'est énorme. Debout sous le taud de soleil je n'arrive pas à voir le haut les vagues. Nous avons le sentiment de vivre sur une planche à voile. Je n'avais jamais vu ça !Nous allons passer la nuit à gagner vers le Nord pour rejoindre le centre dépressionnaire qui semble plus paisible. Nous nous éloignons de madère mais c'est nécessaire. Ensuite une inflexion Nord-Ouest du vent devrait nous aider à rallier Puerto Santo.

Les vagues passent sur le pont et arrivent à s'infiltrer par la bulle pourtant si bien protégée.

Je vais me coucher.

Publié à 11:41, le jeudi 22 mars 2012, dans Transat, Océan Atlantique Nord
Mots clefs : tempetetransatvoilevoyage


04/07/11, filet...

7h. Dans la nuit nous avons brusquement perdu de la vitesse... Pourtant, le vent tenait et Saturne, j'en réponds, était bien réglé... mais lourd!!!! Rapidement nous sommes passé de 6 à 2 noeuds sans raison apparente: Moteur! Non! Putain non surtout pas... Merde trop tard! Il cale instantanément. Je pense  à un bout, Seb va faire le tour du bateau et stupeur: Un filet, étrange... Dans la nuit on finira par comprendre que c'est une poche de chalut avec encore des poissons à l'intérieur. Le poids de ce truc est vertigineux, impossible de l'arracher à la coque. Nous devons couper. Un enfer... le poids, la résistance des mailles, la profondeur rendent l'opération compliqué. Découper, la nuit, des mètres de filet au couteau sans trop voir, c'est limite dangereux. Y avons laissé quelques lampes torche, gaffe et couteaux mais enfin Saturne est libéré de la traine. Pour le reste tout est à faire. Dans une heure ou deux je vais devoir passer dessous et tenter de tout enlever... c'est pas fait avec de la houle. Mais nous n'avons plus moteur et nous sommes freinés. Nous n'avançons que tout doucement. J'ai peur d'arracher le sondeur ou le speedo ce qui ajouterai une voie d'eau...

Après encore beaucoup de travail, l'hélice tourne bien. Avec quelques bruits de frottement. Après vérification, je pense que ce qui reste du filet ne tient plus que par l'hélice. Comme elle arrive encore  à tourner je pense que c'est pas pire même si arriver  à tout sortir peut-être délicat. Bon une bonne journée commence.
10h. Finalement c'est pas pire... Une fois la combinaison de plongée enfilée, j'ai vite été rassuré. Comme je le pensais seule l'hélice était tenue  au chalut et j'ai pu la dégager sans avoir  même  à couper. En tournant le filet avait fait une grosse tresse qui une fois enlevée à tout libéré. Ouf... On reprend le cours de la croisière, tout gentiment. Michel

 

Position: 38°04//14°43, Cap au 90, 6 noeuds, ww.voile-voyage.frSaturne sur une carteFacebook

 

 

Publié à 17:09, le lundi 4 juillet 2011, dans Transat, Océan Atlantique Nord
Mots clefs : plongeesaturnetransatfiletvoilevoyage


03/07/11, la météo, quel bonheur!

7h30. Dans l'ensemble le vent tient bon. Un petit trou dans la nuit, mais là c'est bien reparti. En plus il fait beaucoup moins froid... au moins dix degrés de différence. Un régal. Si on arrive  à faire encore une bonne centaine de miles  dans cette direction les alizés portugais devraient nous aider à finir. Toujours aussi cool à bord. Beau temps et mer belle. Hier, la vaisselle c'est accumulée dans l'évier... j'ai écrit deux trois petites choses dérisoires... comme à la maison... c'est un signe. Seb est aux commandes alors qu'Olivier dort... hihihi La BLU nous résiste toujours même si nous avons maintenant un signal puissant. Elle nous tartine de grandes pages de texte incompréhensibles... Je vous déçois...? Je sais je vous ai habitué à mieux mais je vais quand même pas couler une bielle juste pour vous distraire? Public chéri mon amour... Michel

12h00. Ici c'est juste une journée de rêve... 15 noeuds de vent de de travers sur une mer lisse: que du bonheur... Le thon va bientôt passer au feu de bois et les flans au chocolat sont au frigo. Je vais tenter de faire des lentilles au feu de bois...? Peut-être! La Blu s'acharne  à nous transmettre des messages incompréhensible. Déjà elle est bavarde c'est pas mal mais il doit nous manquer une "Key". Olivier fait dodo et Seb tente de pêcher une nouvelle bonite. Si le vent tien le coup dans trois jours nous nous présenterons devant les colonnes d'Hercule. Malaga le lendemain. Oui un jeudi soir à Malaga, c'est jouable si les derniers gribs ne changent pas trop! Seb est super inquiet, le garage tourne  à mourir sans lui le patron: des fois qu'un vent libertaire souffle sur sa "Concession Renault"... hihihi Ah les bourgeois!
A midi il fait 18° dans le bateau...énorme! Si ça continu je vais déjeuner les tétines  à l'air. En attendant, petit pastis, avant le bonidé... Ah! c'est là une bien bonne idée! "Désolé je recommencerai plus". Michel
 
17h. Je ne sais pas ce que c'est mais je crois que nous sommes dedans. Dedans les alizés Portugais. Depuis ce matin ça file tout doux de façon, super régulier. Nous allons avaler 200 milles en 24 heures comme qui rigole. A ce régime, dans moins de trois jours nous passerons Gibraltar. Ce n'est encore qu'une hypothèse mais crédible. Nous reste encore  500 milles à courir et tout peut arriver. Dans le cas ou ça marche bien serions à Malaga en fin de semaine. Restera encore 800 milles mais en Méditerranée. Les ports pour s'abriter seront fréquents, mais je serai probablement seul. Nous verrons bien. Nous avons remis la ligne à l'eau car à force le thon s'épuise... et aimerions bien gouter une spécialité locale. Il fait toujours aussi beau et franchement moins froid. La nuit il faut encore se sur-couvrir mais en journée c'est cool avec un bon pull ça passe. L'eau pas contre semble assez chaude. Je pense tenter une douche demain. C'est inutile dans mon cas, car de notoriété public suis autonettoyant, mais c'est agréable de partager les même activités que mes contemporains.  Je me laverai aussi les dents, je pense, bien que j'ai mangé une grosse pomme verte à Horta.

Seb est vexé il a tenté d'allumer le feux ce midi est ...hihihihihihi! peau de zob! J'ai tenté de le rassurer, lui dire que ça n'avait aucun rapport avec sa virilité, que personne n'en saurait jamais rien(hihihi). Depuis il va pas bien du tout. Le poutch pour la concession n'est plus qu'une question d'heures. Le fruit est mur. Myriam qui se sent certainement abandonnée depuis tout ce temps, ne résistera pas longtemps à quelques factieux révolutionnaires le torse bruni à l'huile de vidange.

A, j'oubliai, "Oliver" se repose, il faut dire qu'une telle ingéniosité, développer avec autant de sagacité et d'endurance pour remporter, tous les jours, son Bréaud d'or, toutes catégories confondues, doit être un exercice épuisant. Son repos est mérité et pendant ce temps on est pas obligé de le surveiller.

Ainsi va la vie sur Saturne. A 17h ce dimanche nous croisons juste le  38ème parallèle nord et le 16ème méridien.


J'ai sorti ma guitare pour répéter un peu :

Plus près de toi mon seigneur

Toujours plus près de toi

Ton nom est Jésus Christ

Tu es mort sur la croix


A vous maintenant:

3, 4. Plus près de toi mon seigneur....

Moi ça va. Pourquoi?


Position (7h30): 38°05N 16°37W, vitesse: 6,6 noeuds, pression atmo: 1034 hPa, mer  à peu agitée, www.voile-voyage.frSaturne sur une carteFacebook

 


Publié à 18:19, le dimanche 3 juillet 2011, dans Transat, Océan Atlantique Nord
Mots clefs : vaisselleBLUMétéosaturnetransatventvoilebonheurvoyage


02/06/11, putain de météo...

7h30. Il fait toujours aussi beau... et froid! La mer est cool mais le vent reste capricieux. Pas facile de se mettre franchement en marche vers Gibraltar. Les gribs se suivent mais ne se ressemblent pas, le vent se dérobe devant nous. On doit faire avec ce qui reste... pas bien grave. C'est une année sans vent parait-il... Je vais aller préparer le café de l'équipage. Michel


10h. Putain de météo... Une nouvelle fois sommes parties pour une traversée fleuve. Les gribs qui m'avaient fait abandonner l'option sud me disent le contraire aujourd'hui... Sommes plantés pour au moins 8 ou 9 jours encore. Je me demande même si j'arriverai  à temps  à sète pour les croisières d'aout. Seul pour remonter toute la cote espagnole ça va pas aller bien vite. Snif....

Position: 38°15N 19°22W, vitesse: 6,5 noeuds, pression atmo: 1033 Hpa, www.voile-voyage.frSaturne sur une carteFacebook
 

Publié à 16:00, le samedi 2 juillet 2011, dans Transat, Océan Atlantique Nord
Mots clefs : voilevoyagetransatsaturneMétéogrib


L'épopée.

Ecrite en 1998 sur l'album éponyme, l'épopée, c'est aujourd'hui en vrai:

Et on s’est retrouvé sans trop avoir pourquoi

Sur une embarcation, devinez notre effroi

Tissée de quelques mousses, une éponge, un lichen
Dérivant sans raison sur le jardin d’Eden
Et…
Le plus fort de tout
Est !
Qu’on ne savait pas du tout
Où…
Pouvait bien nous conduire
Ce !
Ce semblant de navire
Et…
Ne croyez pas, bon dieu,
Que…
L’horizon semblait bleu

A force de dérive sur cette éternité
Au  grand dam des dieux, dans le temps faut trancher
On s’en alla quérir, ça paraissait urgent
Un outil  de bois blanc  qu’on dénomma safran
Et…
Le  plus fort de tout
Est !
Qu’on ne savait pas tout
A …
Quel cap nous tenir
Ah !
Où était l’avenir
Mais ne vous fiez pas, bon Dieu
A !
Nos grands airs suspicieux


A force d’en rêver, délicieux mammifère
Qui remue les côtelettes et vous jette aux enfers
Un matin sur le pont, messieurs au garde à vous
Et  présentez les armes à l’indécent  gourou
Et…
Le plus fort de tout
Est !
Qu’il nous plaisait beaucoup
Non…
Pas deux fois s’il vous plaît
Non !
Pas de pommes aux verge...rs
Et…
A cent contre un, bon dieu,
On !
En tombait  amoureux


A force de glaner, un peu de ça et là
Quelques vieux ossements, une bille de bois
Savamment empilés et pointés vers le ciel
Le pis-aller prenait des tournures de Babel
Et …
Ce qui n’est pas banal
Est !
Qu’à tendre vers l’étoile
Ce…
N’est pas sans manquer d’air
Que !
Ca devenait polaire
Et…
De ce temps là, bon dieu,
Nos cœurs
En sont restés frileux


Ce n’est pas sans gravité qu’on revint vers le sol
Rompus à l’exercice de retourner nos cols
Un peu las de labeur et de trop d’ascension
On glisse nonchalant dans la fornication
Et
Le plus fort ici bas
Et
Qui nous laisse pantois
Est…
Que c’est genoux à terre
Qu’on !
S’envoie le mieux en l’air
Mais…
je ne voudrai pas, bon Dieu
Etre !
Trop irrévérencieux


S’échoue un vieux bonhomme et son nouveau regard
Qui jouait à dessein de haubans de guitares
Tournait en dérision mais sans la moindre injure
Deux ou trois lieux communs, nos certitudes sûres
Et…
le plus fort de tout
Est !
Qu’il se moquait de nous
De…
Si belle façon
Que
L’on aimait ses chansons
Et…
Bien que pêché, bon Dieu,
0n !
En était orgueilleux

Que de temps a coulé sur la terre des hommes
Combien de mâles heureux ont dû croquer la pomme
Pour qu’autant de malheur et d’abomination
Ne suffisent jamais à payer la rançon
Et…
Ca surprend bien certains
Et !
Pas dans les moins malins
Que !
l’avènement dit vain
Soit !
A ce point inhumain
Et…
On exprime, bon Dieu,
Notre !
Impuissant désaveu


J’ai troqué quelques mousses contre un terra  octet
La mémoire des hommes se passera de  papier
Le lichen flamboie à vingt mille degrés
Et le temps s’accélère, tourne en rond au carré
Mais…
le radeau gîte encore
Penche vers d’autres mises à mort
Est-ce…
En tout point acceptable
« Homme !
Tu m’en es redevable »
Et…
On aimerait bien, bon Dieu,
Voir !
Que tu te mouilles un peu...

Au volant d’un spoutnik ta mère avec raison
Décrivant, incrédule, les méandres du temps
T’initie à la vie de bien jolie façon
Comme toi, comme moi et tant d’autres en leur temps
Sans  en  attendre rien, te chante des chansons
 

Publié à 14:21, le samedi 2 juillet 2011, dans Esprit Saturne, Océan Atlantique Nord
Mots clefs : épopéesaturnetransatchansonvoilevoyage


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