Voyage à la voile sur Saturne

Iridium, ordinateur, GPS, VHF et autres chinoiseries

En dehors des grands travaux, une transat c'est aussi des petites choses plus ordinaires. C'est surtout des détails, plus ou moins importants, des peurs sourdes, des envies confuses et des priorités discutables. L'électronique est typiquement un de ces espaces irrationnels. On peut traverser l'atlantique avec la sa bitte et son sextant. Et se faire croire qu'avec un baromètre, et qu'en regardant le ciel, on va faire de la prévision météo crédible et tracer une navigation efficace.
Pour ma part, j'avais envie de recevoir la météo à bord, et j'avais besoin de me dire qu'en cas de pépin le bateau pouvait donner l'alerte, joindre médecins et secours. La présence d'un téléphone satellite à bord est devenu indispensable. Concrètement, pour la météo, les fichier gribs reçus par l'Iridium nous ont vraiment aidé qu'à l'approche de Madère et pas nous n'avons jamais eu de pépin sérieux à déplorer…Heureusement. L'iridium, pour cette traversée là, avère être plus rassurant qu'essentiel, mais comme on dirait sur facebook: "j'aime". Et si il n'a pas servi, comme le radeau de survie, et les aiguilles de chirurgie… je continuerais de naviguer avec.
Non, en fait, j'ai adoré cet outil, c'est carrément inattendu et même un peu "border line". Mais à l'usage si c'est sa fonction "rassurance" qui l'impose à bord, c'est en transmettant quotidiennement textes et images, sa fonction "mémoire" qui prédomine dans un usage ordinaire! 
J'ai beaucoup écris avec mes doigts durant mes voyages, j'ai pris de milliers de photos (dizaines de milliers?), comme les copains d'ailleurs… Mais au bout du compte, sans l'iridum, il ne resterait rien! Car à peine touchée la terre ferme, hélas, la vie ordinaire nous rattrape de plus belle et de toute cette aventure il ne resterait qu'un carnet de bord dans la bibliothèque et un monceau d'images, et de films au fond des disques durs... Ce présent blog, écrit, transmit et mis en ligne au jour le jour, c'est la vraie réponse! 

Pour ce qui est de la navigation, l'ordinateur de bord, équipé d'un logiciel idoine est évidement la réponse à la grande question des cartes. Par sécurité nous avions à bord un deuxième ordi portable prêt  à fonctionner. Le prix des cartes papiers et leurs stockage aurait été un problème sérieux. Je me souviens que lors du grand et fabuleux voyage vers Istanbul, je n'arrivais pas à trouver une solution satisfaisante pour disposer de toutes les cartes papiers nécessaires. Evidement la superposition des fichiers météo Gribs, et en projection à 7 jours, c'est vraiment confortable. La difficulté principale aura été la connection logicielle de l'Iridium et de l'ordinateur et de trouvé le bon opérateur (fournissant un service data) pour l'Iridium. Daniel a bien bossé! Merci Mister Dan!

Le GPS classique on connaît tous ça, rien à dire de particulier ça marche super bien. Le report sur les cartes de l'ordinateur, c'est génial! Par contre deux frustrations franches concernant la préparation électronique. Je ne sais toujours pas pourquoi mais la VHF ASN n'a pas pu être connectée au GPS! par manque de temps j'ai du abandonné. Egalement la BLU/navtex avec antenne active! Rien eu à faire… à suivre. Encore du boulot en perspective.

L'afficheur aussi du pilote nous a lâché en route. Je n'avais rien prévu de rechange. Nous étions six à bord et en mesure de barrer. Bonne solution.

Mais qui dit électronique dit électricité: Le prochain article
 
Michel

Publié à 16:38, le dimanche 13 mars 2011, dans Conseils pratiques, Cayenne
Mots clefs : vhfGPSélectroniqueiridiumtransatvoilevoyage


Retour sur le bulbe de la quille

Pour l'essentiel, avant de partir pour le grand voyage, je tenais à apporter une vraie modification structurelle à Saturne.

Saturne est un bateau lourd, solide et pourvu d'une superbe carène, curieusement rapide! Mais il est, comme tous les bateaux de cette époque assez gitard. Pour arracher ses 20 tonnes, il faut le toiler et rapidement les listons se retrouvent dans l'eau. Il y avait de la place dans le haut de la quille pour le lester. Mais augmenter son poids à cet endroit n'était pas satisfaisant. Alors j'ai imaginé un bulbe en acier qui permettrait de redescendre le centre de gravité du lest et, se faisant de tout le bateau. Evidemment le tout à poids constant. Je n'imaginais pas à quel point cet appendice changerait tout.

Comment commencer?
Plusieurs approches possibles, plusieurs mise en œuvres et différents coûts variables naturellement. J'ai abordé ce projet avec l'idée de conserver l'esprit du dessin d'origine, de faire comme si ce bulbe avait toujours appartenu au bateau.

Dans le cas de Saturne la notion de bouchins c'est vite imposée, d'autant qu'un bulbe en forme de 20 mm d'épaisseur serai trop cher  à faire faire. En cherchant un peu, la forme qui s'impose dans ce cas est toujours un des nombreux profils Nagard qui dessinent les ailes de nos avion. J'ai vite compris que la difficulté serait d'arriver à cintrer une tôle de 20mm (épaisseur requise pour reprendre le poids du bateau posé sur sa quille) à la forme! En cherchant encore j'ai déniché le profil idéal: le fameux Clark Y! Une merveille pour moi. Ce profil est parfait, car la tôle du fond est parfaitement plane juste orientée! Le principe de base étant déterminé, le reste suivrait. 
Les autres surfaces du bulbes sont des courbes développables. Comme tout le bateau repose sur la plaque du fond et que c'est facile de l'accrocher à la quille, le reste des tôle seront découpées dans de la tôle de 5mm plus facile à cintrer. Comme j'ai été pendant quelques années prof en lycée professionnel j'ai appelé Philippe un copain de l'époque, qui m'a mis en contact avec le lycée professionnel d'Ambérieux. Laurent, le responsable de l'atelier de chaudronnerie, à très vite compris ce qu'il fallait faire et comment. Il ne restait plus qu'a… Pourtant si la technique, le financement, les contraintes calendaires sont difficile à  gérer…le plus dur est ailleurs.

La cléf de voûte (une fois que tout est maîtrisé) c'est la proportion. Un même objet peut-être ridicule ou grotesque à quelques centimètres près! Surtout que nous sommes en 3D. Bien sur, le volume du plomb donnait une indication mais c'était pas là que les choses se jouaient. Heureusement Thierry, plus précis en dessin et possédant une culture de l'image plus affûtée que moi m'a beaucoup aidé. Je vous laisse découvrir son travail…précieux. La longueur du bulbe est passée progressivement de 220 à 262 cm. J'insiste beaucoup, mais combien j'ai vu de bricoleur fabuleux qui tous rivalisaient de trouvailles et savoir faire pour accoucher de monstre, sans échelle. (voir dans la galerie photo facebook)
Par ailleurs, en vidant la quille de son plomb j'introduisais d'autre tracasseries. Les 1000 litres de vide devaient  naturellement devenir un réservoir de fuel. Mais un fond de quille de 35 ans encore encombré de vieux lingots de plomb n’inspire guère confiance. Et même le chantier Allemand ne sait pas quoi nous proposer d’efficace… le temps pressait. Heureusement (peut-être un reste de mes études à l’Ecole d’Architecture de Lyon) j’ai eu l’idée d’interroger Jérôme, mon beau-frère, et architecte en exercice. Il m’a vite trouvé un ingénieur béton qui nous à confirmé la possibilité de couler du béton dans une cuve de fuel. Attention une béton prise eau de mer chargé à 500k. Sébastien chef-mécanicien de Saturne à posé une crépine en fond de quille, une pompe, et l’ancien réservoir 160 litres est devenu un réservoir tampon journalier. Comme le bateau avait les pattes en l’air nous en avons profité pour enchâsser les vache à eau entre les varangues.…ouf!

Sans rien en savoir, je pressentais que l’impact sur le gréement serait énorme, 6 tonnes de plomb descendue de de 48 cm, 1000 litres de fuel sous la flottaison et autant d’eau. Intuitivement les haubans ont été changés et réechantillonnés plus énorme encore du 12 en général. Je voulais aussi en profiter pour déplacer le centre du gravité de quelques centimètres vers l'arrière, car  le bateau n'était pas dans son assiette: il piquait du nez. Et là au jugé, mission réussie!

Maintenant quel est l'impact du bulbe sur le fonctionnement réel du bateau? Considérable. Je me dis que je vais pouvoir changer de mat… Une raideur à la toile surprenante. Pour l’anecdote je n’ai jamais pu par gros temps, éviter que les cartes, les crayons, le clavier de  la table à  carte ne volent. Là nous avons traversé l’atlantique, passé du gros temps, sans que rien ne bouge. Le danger maintenant est de réduire à temps. Je me suis fait surprendre la nuit à plus de 14 nds sans gite anormale.

Publié à 10:30, le mardi 8 mars 2011, dans Chantier, Cayenne
Mots clefs : naguardquillebulbetransatsaturnevoilevoyageréservoirplomb


Premier bilan

Le succès d'une transat réside naturellement dans sa préparation. Tout le monde sait ça. Mais pour y être passé je prendrai du recul avec cette affirmation. Le mot "préparation" veut tout et rien dire. Chaque marin voit midi à sa porte et bien malin qui peut prétendre avoir fait le tour de la question. Avec le recul, je me dis que le bateau est prêt quand son équipage l'est! La liste exhaustive des choses à prévoir est déjà difficile à établir mais l'épuiser est impossible. Une machine aussi complexe que Saturne ne peut pas avoir tout en double. Ce n'est ni possible ni même souhaitable. Par contre un suivi rigoureux, précis et surtout senti permet de devancer d'éventuels tracas. Mais disons-le clairement c'est du pif! L'infime détail peut s'avérer si prépondérant en cas de pépin! Et savoir si on est, ou non, en mesure de tout pouvoir arranger relève de l'intime conviction pas d'une certitude.

Ensuite arrivent d'autres approximations: j'ai croisé beaucoup de marins qui se sont mesurés aux Alizés. Là encore l'irrationnel est prépondérant! Le besoin, le plaisir, l'envie de vous motiver à vivre une aventure qui leur ressemble, les poussent  à minimiser les difficultés. En les écoutant les inquiets vont redoubler de vigilance et les confiants relativisent encore les risques. Personne n'est juste.

Pour ma part, j'ai dû arriver à Cayenne pour commencer à entendre des témoignages qui ressemblaient à ce que je venais de vivre.

Disons-le, c'est souvent assez cool mais globalement c'est fatiguant pour les équipages et agressif voire violent pour les bateaux. Même si nous n'avons à déplorer que des soucis de hale bas sans grande importance...

J'ai beaucoup blindé la préparation, j'en ai fait beaucoup, trop même selon certains… J'ai bien fait. Et je comprends enfin pourquoi les bateaux polyester qui ont fait la traversée sont moins facile  à vendre!

Michel


Publié à 18:17, le dimanche 27 février 2011, dans Transat, Cayenne
Mots clefs : voilesaturnetransatvoyage


Saturne avant Saturne: Physalis (2)

Quel bel hasard… En arrivant avec la voiture de location à la marina de Cayenne, une silhouette penchée sur Saturne attire mon attention. En parcourant la grande trémie en aluminium qui nous sépare des pontons, la même personne s'éloigne puis revient sur le bateau. Encore un amateur de bateau de voyage probablement, j'ai l'habitude. Les gens dont l'imaginaire maritime s'est forgé dans les années 70 remarquent ce grand  bateau en acier à bouchains. Il est en même temps le témoin fidèle d'une autre époque mais avec une élégance dans les lignes, un certain sens du détail, un plan de pont "quasi fluch deck" et un bon coup de crayon de son architecte Philippe Rouillard. Tout ça  le rend assez remarquable. Je me trompais: Cette personne reconnaissait le bateau. Ce bateau sur lequel elle avait beaucoup navigué. Et moi j'étais enfin en prise directe avec une grande partie de la mémoire de Saturne, 15 ans. J'ai beaucoup cherché rencontrer ses anciens propriétaire et en voilà un, par hasard. Cette fois je vais peut-être enfin pouvoir remonter cette histoire depuis sont origine.

Michel, à suivre...


Publié à 17:47, le jeudi 27 janvier 2011, dans Esprit Saturne, Cayenne
Mots clefs : PhysalisCayennesaturnetransatvoilevoyage


Vers les Antilles

Je vais essayer de remplacer la plume ô combien affinée et affûtée du capitaine, aïe quelle angoisse. Pour la dernière journée au grand complet, l'équipage de Saturne s'est offert une visite de l'ilet "la mère". Un petit condensé de la forêt Guyanaise, luxuriante et sonore. Elle est habitée par une faune plus ou moins sympathique selon les goûts de chacun. Des singes écureuils s'invitant sans vergogne à notre table, des tortues passive et végétarienne, des murènes croqueuses d'enfant (ce qui nous a rebuté pour la baignade en eau plus que trouble) et un matoutou que nous avons mitraillée de nos objectif (enfin moi surtout, j'adore). Encore merci à Fiona de l'avoir repérée juste avant de sauter illico sur une table miraculeusement installée là. Au retour, bouclage des valises, ravitaillement pour Henri et moi, dernières recommandations de Michel et voilà 4 Saturniens entassés comme des sardines prêts à rejoindre l'aéroport un peu triste de quitter le bateau. Henri et moi ramenons les vivres et après un petit apéro nous nous retrouvons un peu seuls pour le dîner. Vous allez nous manquer...

Nous partons demain vers les Antilles via Tobago ou un peu plus au nord.

Bises, Sylvie
 

 


Publié à 07:03, le mardi 18 janvier 2011, dans Transat, Cayenne
Mots clefs : antillesGuyanevoilesaturnetransatvoyage


{ Page précédente } { Page 1 sur 2 } { Page suivante }
Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Archives
Amis
Album photos

Mes albums

La carte des lieux visités



Rubriques

Chantier
Conseils pratiques
Esprit Saturne
Transat
voyage

Derniers articles

Le murmure des sillages....
Présentation officielle de mon ouvrage "Saturne"
Saturne, mon premier ouvrage, est enfin disponible
Matinée d'initiation à la voile.
Programme de navigation printemps-été 2018

Sites favoris

Saturne
Mutins
thierrymoine.com
les rancy
Olivier Bréaud

Amis


Newsletter

Saisissez votre adresse email