Voyage à la voile sur Saturne

Saturne, mon premier ouvrage, est enfin disponible

Voilà c'est fait, mon tout premier ouvrage est publié.

http://www.ancre-de-marine.com/boutique/fiche_produit.cfm?ref=4017&type=9&code_lg=lg_fr



Publié à 01:29, le mardi 7 août 2018, dans Transat, Ajaccio
Mots clefs : TransatlantiqueSaturneaventurevoilevoyage


Transat, jour 17, danse lascive.

3h : Impossible de fermer l'œil ! Déjà 4 amarres à la poubelle et la nuit n'est pas finie... Suis vidé. Le besoin de se reposer est impérieux. Avant de repartir il faut coûte que coûte un moment de vrai repos et en toute sécurité ! Depuis le départ,  je n'ai jamais eu la possibilité de lâcher prise... Il faut maintenant.

Dans la matinée, nous réparons le hale-bas et bricolons deux trois petites choses. Pas facile de trouver de vraies amarres ici,  ni même un minimum d'accastillage. La vie n'est pas chère à Madères mais le ship est aligné sur les prix français. Nous avons beau être de vrais voyageurs, pour le ship du coin sommes des touristes friqués.
Les balades à terre sont ravissantes. Je rêve de m'enfoncer dans les hauteurs. Me laisser envahir, enivrer par des odeurs de terre. Mais suis pas tranquille. Toujours peur de retrouver Saturne à la dérive... Je veille donc !

Dans l'après midi, j'exhume une haussière de remorquage, lourde comme un cheval mort, cachée dans l'étrave. On la recoupe pour en faire de vraies amarres de chanvre de 32mm. C'est super. Je respire. Enfin ! Le bateau danse mais elles finissent toujours par le retenir sans montrer la moindre fragilité. C'est presque beau de les regarder travailler...

Entre-temps Sylvie palabre avec les pêcheurs locaux. Ils lui indiquent une marina moderne à 2 miles à l'est. Aucune trace de ce port sur mes cartes numériques. J'hésite... Curieux ce port fantôme... Mais il me semble me souvenir de quelques mâts aperçus en arrivant de la pointe est. Le soleil descend doucement, la houle rentre de plus en plus dans l'anse de Machico.
 
20h. Basta ! Je décide de tenter de rallier cette fameuse marina fantôme. Reste à quitter le quai. La moindre amarre ou garde soulagée et saturne se fracasse sur le quai. Toutes sont essentielles. Même pour les enlever, il faut attendre le moment où elles sont sans tension. Prendre une décision. Vite !
Here we go ! Henry restera sur le quai. Chaque équipier sur un taquet et tous les bouts seront libérés le plus simultanément possible. Le bateau libéré, ce sera à moi de jouer. Le moteur est chaud et le propulseur bien chargé ! Je vais leur tirer sur la gueule !
Putain c'est chaud ! Saturne s'éloigne doucement du quai. Moteur à 3500 trs, barre à bâbord toute, le cul du bateau s'arrache du quai et le propulseur éloigne l'étrave bruyamment. Il marche en crabe et fait remonter la vase du fond. Mais ça marche !
Henry bosse dur ! Il doit récupérer toutes les amarres et les lover. On revient doucement pour approcher l'avant du bateau. Nous nous présentons perpendiculaire au quai et Henry jette les amarres sur le pont. Yes ! Arrière toute et on range à la hâte avant la dernière manœuvre. La même perpendiculaire au quai mais cette fois il faut quasi toucher... Henry doit arriver à attraper le balcon avant et remonter à bord. Ouf ! Heureusement, qu'à 60 ans il reste un véritable athlète.
En route pour Quinta de Lorde. Evidement sans carte, sans savoir où se situe l'entrée de la marina et la nature des fonds. Même ici on ressent la houle qui s'immisce dans tous les recoins de la terre. Je me demande vraiment comment cette côte peut abriter un abri sérieux.
On devine un feux d'entrée de port. Vert ! Aïe !
Pour le passer dans le bon sens il faut se jeter à la côte. Moins de 10 mètres de cailloux. Crainte oblige, les avis divergent. C'est là, c'est pas là... moi je tenterais pas !... Heureusement je souffre de surdité sélective et scrute le moindre indice. C'est forcément là et il est probable qu'un port assez recent soit suffisamment profond pour Saturne. Allez hop ! Je tente...
Bonne pioche ! Passé la balise verte on se retrouve sous une digue pharaonique, une véritable aberration qui nous protège de tout bon sens. On ne comprend pas trop où nous sommes, on erre dans un espace absolument parachuté à Madères. Vide, flambant neuf, un bar quand même mais sans client... Personne, pas de voiture, pas de lumière aux fenêtres.... Dodo ! Nous verrons cela demain...


Publié à 08:08, le vendredi 4 mai 2012, dans Transat, Madère
Mots clefs : muoillagehouletransat


Transat, jour 16, arrivée à Madère.

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Saturne vient de sortir du chantier de carénage. Tout beau, tout neuf, enfin presque. Le week-end du 1er mai sera consacré à repeindre le pont. Alors les bonnes volontés sont les bienvenues. Si la météo...

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2h : Les feux sont bien là… Naturellement ! C'est un peu frustrant quand même, pour des marins de la vieille école, d'être supplantés par les GPS. Le moindre des mousses est dorénavant en mesure de toujours savoir où il se trouve ! Pas de regret.  J'ai eu mes heures de gloire et gagné « l'estime » de mes équipiers en d'autres temps. Plus personne ne saura plus jamais faire ça...

On ne peut que se féliciter de cette évolution. La seule chose qui me chagrine c'est que l'environnement global dans lequel est enchassé un navire en navigation perd de sa préciosité. Inutile d'interroger l'état de la mer, de déceler d'éventuels courants, de supputer les travers de tel ou tel barreur... On sait. C'est tout. Exactement !

Pour tous ceux qui ont longtemps décortiqué, scruté, fouillé et analysé aussi avec attention et rigueur, pendant des décennies, cet ensemble de données objectives et sensibles, c'est frustrant de penser que cette culture de l'observation est caduque. Elle l'est pourtant. Certainement !

5h : Le vent tombe. Un peu d'Ouest nous aide à glisser le long de Porto Santo. Dans la nuit nous découvrons les lueurs de Vila Baleira. Dommage de passer devant tous ces trésors sans avoir le temps de s'y arrêter. Cette transat nous donne déjà envie de la refaire tout doucement...  Peut-être comme la vie en général. P'tit jojo sourit... Il me rappelle combien me mettent en rogne les voyageurs de pacotilles. Ceux qui ont déjà fait la « Corse à pâques en 97 » ou la « Turquie en juillet 99 » ! Si on ne quitte pas une terre, frustré, idiot, confondu d'ignorance, c'est qu'on est passé à coté de tout. Mais bon nous sommes dans un monde de bonheur sur catalogue. On collectionne des images vides pour se rassurer de la teneur de son existence.

9h : Porto Santo s'éloigne déjà, les copains eux, trépignent à Machico. Nous allons passer à l' Est de Madère. C'est superbe, sauvage, abrupt, vert... La lumière, les contrastes sont encore un peu insolites pour un équipage Lyonnais. Exorbités, nous savourons la beauté du lieu, l'arrivée sur une nouvelle terre inconnue pour nous et notre exploit dérisoire… C'est le moment où on aimerait retenir la fin de la fête. C'est comme un gros pavé dont on voit inexorablement arriver les dernières pages et que l'on tient en respect.

Nous arrivons à joindre Mister Dan au téléphone. Ils nous attendent impatiemment, Fiona, Daniel et Nico sur le jeté de Machico... Oh on arrive !

Nous sommes enfin amarrés, sur un quai en pierre de taille, solide, un peu hostile certes, mais rassurant et nous sommes heureux d'être là. Le relief est vallonné mais accuse de fortes dénivélations. Le petit village est tout joli, charmant même. Un habitat assez dense, bas, coloré, changeant mais comme empreint d'une unité naturelle. Comme sont souvent les vrais vieux villages, construits sans règle d'urbanisme, sans aucun plan d'occupation des sols... Superbes !

 

Les gens nous sourient et l'envie de cheminer sur la terre ferme l'emporte sur tout, même sur l'envie de dormir. Jacques et Didier cherchent déjà un taxi pour filer à l'aéroport. Dans quelques heures ils seront déjà à Barcelone puis Lyon… Quelle folie !

P'tit jojo, un peu triste, fait un petit signe de la main à Jacques déjà envolé... On est resté là, tous les deux longtemps sans se parler. Jacques était certainement le plus proche équipier de p'tit jojo. Un émerveillement commun les unissaient sous les étoiles d'un dessein vertigineux. Peut-être redoute-il de ne jamais plus le revoir à bord ? Nos regards se croisent furtifs : «Je sais pas p'tit jojo, celui là, il n'a pas encore fini de se boire...»

 

Le marnage est important. A marée basse les bateaux se retrouvent à plusieurs mètres en contre bas du quai. Ce qui complique la vie de tout le monde. Pas question de se faire mal maintenant. La mer aussi m'inquiète. Une houle lente entre dans la baie. Saturne entame alors une danse lascive d'une amplitude que les amares ont du mal à contenir. Rapidement, nous avons le sentiment d'être tombé dans un piège. Les amarres cèdent les unes après les autres. Impossible d'arriver à trouver le sommeil. Une nouvelle nuit de veille s'annonce.

Je croise p'tit jojo quelques secondes dans la coursive, lui explique à la hâte nos péripéties mais il ne semble pas s'en émouvoir.  « Laisse-le Michel, écoute, lui aussi tire sur sa longe... Libère le... et partons ! »



Publié à 10:39, le samedi 21 avril 2012, dans Transat, Sète
Mots clefs : arrivéeEtapes


Transat, jour 15: A l'approche de Puerto Santo.

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Une nouvelle page réécrite du livre de bord: Aujourd'hui, la tempête faiblit à l'approche de Madère.
Les séjours de l'été 2012 commencent à se remplir. Envie de partir? Faites-nous le vite savoir! Tous les détails sur le site :
http://www.voile-voyage.fr/ProgrammeDeNavigation.html
Le chantier de carénage commence ce week-end. Saturne gagnera Le chantier Allemand pour 15 jours.
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9h : Quelle nuit de folie éolienne ! Mais sommes enfin dans le bon sens ! Les grains orageux parfois à plus de 50 nœuds nous ont épuisés ! Dans la nuits nous avons fait des pointes à plus de 17 nœuds...

12h : Le vent souffle enfin au Nord-Ouest et la mer est forte encore. Elle tombe moins vite que le vent mais putain, ca fait du bien ! Nous gagnons vers le Sud. Encore trois ris dans la grand-voile mais c'est le dernier bord. Nous nous reposons un peu.

15h : Ça tombe encore et encore. Nous commençons à respirer mieux. On ouvre saturne au vent atlantique. L'air s'engouffre de partout. Dans nos poumons aussi. Apéro ! Ça fait bien longtemps.

19h : Dans la nuit les phares de Puerto Santo nous indiqueront le chemin. Sommes en finale.

23h : Parfois une rafale nous réveille mais elle se rendort vite... Le bateau de nouveau redevient un plaisir.


Publié à 22:52, le jeudi 29 mars 2012, dans Transat, Madère
Mots clefs : tempetetransatvoilevoyage


Transat, jour 14 : tempête

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Comme chaque semaine, Michel nous livre une page réécrite du livre de bord. Aujourd'hui, tempête entre Gibraltar et Madère.

Le programme de navigation de l'été 2012 est désormais établi. La destination sera la Sicile et ses volcans. Tous les détails sur le site :

http://www.voile-voyage.fr/ProgrammeDeNavigation.html

Par ailleurs, le chantier de carénage s'approche ! Saturne sera sorti de l'eau du 1er au 14 avril, et les bonnes volontés sont toujours les bienvenues...

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6h : Pluie battante. Le vent est un peu moins violent, mais la météo nous invite à la prudence. Dans le bateau la vie s'organise au mieux. Nous avons le sentiment de vivre malaxés dans une bétonnière ! La fatigue est omniprésente. Il faut se faire violence même pour manger. Moi même, je n'arrive plus à me réveiller pour mes quarts. Vidés !

13h : La rédaction du livre de bord se désorganise... Je suis trop fatigué pour m'astreindre passer du temps à la table à cartes. C'est un état de survie dans lequel se mellent fatigue et crainte. En plus nous avons du mal à établir un parcours et une stratégie pour les prochains jours...
Didier, par réflexe, aimerait que nous tentions de nous approcher le plus possible de Madère. Pour ma part je ne crois pas à cette option. D'ici quelques heures, elle deviendra probablement intenable.

17h : La tendance se confirme, le vent nous oblige à abattre de plus en plus ... il va falloir se décider vite maintenant. Nous ne rejoindrons pas Madère d'une traite.

19h : On vire, ça cogne trop dur. C'est énorme. Debout sous le taud de soleil je n'arrive pas à voir le haut les vagues. Nous avons le sentiment de vivre sur une planche à voile. Je n'avais jamais vu ça !Nous allons passer la nuit à gagner vers le Nord pour rejoindre le centre dépressionnaire qui semble plus paisible. Nous nous éloignons de madère mais c'est nécessaire. Ensuite une inflexion Nord-Ouest du vent devrait nous aider à rallier Puerto Santo.

Les vagues passent sur le pont et arrivent à s'infiltrer par la bulle pourtant si bien protégée.

Je vais me coucher.


Publié à 11:41, le jeudi 22 mars 2012, dans Transat, Océan Atlantique Nord
Mots clefs : tempetetransatvoilevoyage


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